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Dernière mise à jour : 18 oct. 2019

Le combat entre Cowboys et Indiens n'a jamais vraiment cessé. Les tenants de la modernité, possédés par une frénésie expansionniste sans borde, continuent de s'approprier le moindre mètre carré de nature pour en extraire toujours plus de richesse. Ils pervertissent les âmes, éradiquent le vivant et empoisonnent les sols avec une effroyable détermination. Mais cessons d'être hypocrites, sur ce système reposent les modes de vie dont nous dépendons. Nous avons donc largement notre part dans la perpétuation du massacre.


Dans la débâcle qui s'annonce, il se pourrait que ceux que le capitalisme triomphant a toujours méprisés, assassinés et trahis, les peuples autochtones, relèvent la tête.

Pour preuve, cet article trouvé sur le site militant Mr Mondialisation.

Un courage et une résistance qui forcent le respect.


Le peuple Munduruku se déclare « prêt pour la guerre » contre les industriels


COMMUNIQUÉ DU PEUPLE MUNDURUKU

La mauvaise gouvernance du Brésil ne doit pas parler au nom du peuple Munduruku.

Bolsonaro, lors de son discours à l’ONU, a dit que nous les indigènes sommes des « hommes des cavernes ». Il nous définit par ce qu’il est lui-même. Bolsonaro ne nous représente pas et ses paroles sont creuses. Nos enfants ont plus de sagesse que lui.

Nous avons réuni les caciques (hommes et femmes), guerrières, guerriers, chamanes, chanteurs et professeurs de notre peuple Munduruku du Moyen et Haut Tapajós et du Bas Teles-Pires. Nous avons discuté à propos de toutes les attaques et les menaces dirigées contre les peuples indigènes du Brésil et contre nos territoires et nos droits.

Nous apportons ici notre parole.

Nous savons que les « daydu » – nom que nous donnons aux politiciens qui nous trahissent – sont en train de créer des lois pour en finir avec la démarcation des terres indigènes. Ils veulent ouvrir nos terres à l’exploitation minière, à la construction d’usines hydroélectriques, de voies ferrées (transportant soja et maïs), de voies navigables.

Ils veulent en finir avec les peuples indigènes, en détruisant nos forêts, nos fleuves et nos lieux sacrés. Nous sommes contre l’orpaillage et l’exploitation minière en terre indigène. L’orpaillage est en train de diviser notre peuple en y introduisant de nouvelles maladies, contaminant notre peuple avec le mercure, introduisant également la drogue, l’alcool et la prostitution. Ce n’est que cupidité.

Cela impacte tous les peuples indigènes, les communautés traditionnelles comme celles de Montanha et Mangabal et particulièrement notre peuple Munduruku qui vit et protège depuis plusieurs centaines d’années les fleuves et les forêts du Tapajós. Il n’y a aucun dialogue possible autour de la destruction. Nous ne négocierons pas nos terres et nous empêcherons à toute organisation dont tel est l’objectif de pénétrer dans le Tapajós.

Certains parents aveuglés par l’éclat de l’or, sont en train de jouer le jeu des daydu, et affirment publiquement que le peuple Munduruku est favorable à l’orpaillage et à l’exploitation minière. Nous le répétons encore une fois : vos paroles sont pleines de « dapxim » – pleines de haine et de mensonges.

Ces Mundurukus assis avec vous autour de la table à Brasilia sont malades tout comme vous. Ils ont laissé les machines d’orpaillage détruire notre terre, ils ne nous représentent pas, ils ne sont pas la majorité. Aucun élu ne représente le peuple Munduruku, parce qu’ils ne font pas partie de notre politique ni de notre organisation traditionnelle. Ils ne peuvent parler d’aucun lieu sacré, ils ne peuvent pas négocier au nom du peuple Munduruku.

Nous sommes plus de 14 000 et nous disposons de notre propre mouvement de résistance et nos propres associations. Nous disposons d’un protocole de consultation que vous devez respecter en tant que loi, et en tant que droit de veto.

Aucune loi ne peut définir de quelle manière sera réalisée la consultation de chaque peuple. La Convention 169 existe déjà pour définir ce qu’est la consultation préliminaire libre et consciente et notre protocole existe pour définir la manière dont elle doit être menée. Nous ne sommes consultés sur aucune de ces lois et aucun des projets que vous concevez pour le Tapajós, qui est notre maison.

Nous sommes autonomes dans notre organisation et dans nos décisions concernant notre futur, comme vous l’avez écrit dans la Constitution Fédérale de 1988 et dans la Convention 169 de l’OIT.

Nous construisons notre qualité de vie avec le savoir des femmes, génitrices de la vie, de nos chamanes, guides spirituels, de nos guerriers, de nos leaders et aussi de nos enfants, et nous sommes prêts à mettre en pièces ces lois et ces projets qui répandent la mort.

Nous voulons vous avertir que nous sommes un peuple guerrier. Nous avons appris à nous battre avec le grand Karodaybi, dans le silence du crépuscule, et c’est pour cette raison que d’autres peuples nous nomment les fourmis de feu.    

Nous sommes prêts pour la guerre que vous nous déclarez et nous voulons vous prévenir qu’ici dans notre territoire de la Mundurukânia, occupée depuis plusieurs siècles par nos ancêtres, où nous trouvons sur tout le Tapajós des traces et des signes de Karosakaybu et Muraycoko, personne n’entrera pour exploiter, détruire et tout transformer en marchandises et en argent. Il est enfin venue l’heure pour le Gouvernement d’appliquer les lois que vous-même avez écrites et chasser les envahisseurs de nos terres. Cela fait plus de 20 ans que nous dénonçons les exploitants forestiers et les orpailleurs pariwat et nous devons toujours agir seuls.

Mais nous n’arrêterons pas et nous ne nous rendrons pas. Nous n’avons jamais perdu une guerre et nous avons déjà coupé quelques têtes d’ennemis. Serons-nous obligés de recommencer à couper des têtes ? Nous savons comment agir à partir de notre propre politique et de notre organisation traditionnelle.      

Mouvement Munduruku Ipereg Ayu

Association des Femmes Munduruku Wakoborun

Association indigène Pariri (Moyen Tapajós)

Association Dace (Teles-Pires)

Association Wuyxaximã

Association indigène Pusuru

Assocition Kurupsare

CIMAT

Traduction du communiqué : Adeline Laval, anthropologue travaillant depuis 3 ans avec le peuple Munduruku du Moyen-Tapajos, Amazonie Brésilienne, Etat du Para, Brésil.

Capture d'écran. Photographe non identifié

 

Dernière mise à jour : 19 oct. 2019

Pendant que je mène ma petite vie à Paris, une des capitales mondiales de la vanité, Haïti, le pays d’où je viens, s’enfonce dans un invraisemblable chaos. Le peuple en colère s’est rassemblé dans la rue pour réclamer le minimum de justice et de dignité.

Ce peuple, dont les dirigeants ne sont qu’un ramassis de prédateurs cyniques et cupides a, depuis longtemps, perdu la maitrise de son destin.

Comme beaucoup d’Haïtiens de la diaspora, je suis très affecté par cette descente aux enfers. C’est une partie de moi, et non des moindres, qui se dissout dans la tragédie du déclin de la première République noire.

Tout s’acharne contre cette moitié d’île caribéenne, au point où son actualité se réduit à une succession de mauvaises nouvelles, toujours plus extrêmes.

Alors je lis et relis les poètes et écrivains haïtiens : Jacques Stephen Alexis, Jacques Roumain, Frankétienne, Lionel Trouillot, Yanick Lahens, René Depestre, James Noel, Makenzy Orcel et tant d’autres.

Je m’enfuis dans leurs imaginaires foisonnants, au pays rêvé de leurs sensibilités.

Dans leur cas, il va de soi que l’art est autre chose qu’une parade bourgeoise, une posture arrogante.

Il est une urgence, une nécessité absolue de conjurer l’insupportable, une résistance farouche au réel désastreux.

A notre époque pré apocalyptique, il est probable qu’une part croissante de l'humanité en vienne à partager le sort du peuple haïtien.

Ce qui m'entraine à réfléchir de plus en plus intensément au sens qui motive mes propres créations.

La frivolité, la vacuité et l'égotisme qui règnent autour de moi me deviennent de plus en plus insoutenables.

Capture d'écran (Libération.fr le 27 sept 2019) - Photographe non identifié

 

Dernière mise à jour : 8 mars 2020

J’ai extrait cette image d’une vidéo, hier, en consultant la presse internet. Un paysage d’apocalypse à la beauté singulière, hypnotique.

Elle était précédée de la baseline suivante :

NON,­­­ CE N’EST PAS LA PLANETE MARS.

Pourquoi cette image-là, parmi toutes celles que je vois défiler, chaque jour, m’a t’elle interpelé ? Peut-être parce qu’elle incarne ma perception d’une réalité que j’envisage de plus en plus comme une hallucination. Une courte phrase, en surimpression, a eu beau préciser que sa couleur rouge était la conséquence d’un phénomène optique, cette vision n’en reste pas moins déconcertante.

Quel est l'apparence exacte de cette scène ? L’enregistrement vidéo en a t’il altéré la teinte ?

Nous ne pouvons qu’imaginer ce qu’a dû ressentir la personne qui a filmé cette route indonésienne.

Quelle était l’odeur de ce qu’il ou elle a respiré ? Son bruit ? Quelles ont été les réactions des autres humains, des animaux et plantes qui se trouvaient là ? Issue des feux qui ravagent notre planète, cette bizarrerie nous rappelle que les conséquences de nos actes nous entrainent vers un inconnu qui dépasse notre entendement. Et à quel point nous perdons le fil de ce que nous nommons réalité.

D’ailleurs, quel est la crédibilité de ce visuel ? Il se pourrait qu’il soit une fake news de plus. Un simple filtre suffirait à créer un effet similaire, et il serait aisé de comprendre la motivation d’une telle manipulation. Continuer à perpétuer le sensationnalisme de l’effondrement annoncé, à agiter la peur pour continuer à vendre, toujours plus, en maintenant le statu quo néolibéral?

Nous assistons au délitement de notre monde comme à un film catastrophe global. Subjugués par une fascination morbide non assumée, nous sommes incapables, tant que les marchandises et les informations continuent d’affluer, d’intérioriser la nécessité d’un changement radical.

Et ce, parce que la plupart d’entre nous est structurellement inapte à envisager la remise en question de ce qu'il ou elle croit être.

Si l’homo economicus capitaliste ne voit pas d’alternative à son être au monde, c’est qu’il s’est construit sur le mépris de tout ce qui lui est extérieur. Sur l’idée de son incontestable supériorité sur toutes les autres formes d’expérience du vivant et de l'esprit.

Le « There is no alternative » thatchérien semble être devenu le mantra subconscient d’une majorité tétanisée par la démesure des enjeux de ce siècle.


Je maintiens, en accord avec les Toltèques et les neurosciences, que notre monde est une hallucination, que ce que nous croyons vrai n’est qu’une construction de nos cerveaux. Partir de ce postulat peut, à mon avis, aider à envisager une voie alternative. Nous créons et détruisons ce monde parce que nous en sommes trop peu conscients. Si nous voulons survivre, nous n'avons d'autre choix que de muter, appréhender notre propre nature, et notre environnement, différemment. Ce qui réclame, avant toutes choses, une dose immense d’humilité.

Nos mystiques savent, depuis la nuit des temps, que le réel est une expérience multidimensionnelle. Trouverons-nous la force de nous libérer de l’hypnose matérialiste et spectaculaire? Cette drogue hautement addictive qui nous fait tout voir de travers?


Ceci étant dit, je ne crois détenir aucune autre vérité que la mienne. Ce texte n’est que la traduction de ce que m’a inspiré cette étrange image rouge. Ce genre de rouge qui peut vous rendre complètement dingue...

HR

Capture d'écran tirée de l'OBS

 
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