2021/05/02 - ARCHIVE/ PORTRAIT&TEXTE - Université de Dakar

Photographier pour illustrer une pensée articulée, un point de vue recherché sur le monde, ne fait plus recette. Cet aspect de la photographie, présent dans le courant du XXème siècle, s’est considérablement réduit depuis le règne numérique. Il semble que la complexité croissante de notre environnement en ait fini avec toute possibilité d’accorder au regard quelque valeur philosophique. Les photographes/penseurs se sont-ils éteints avec les grandes utopies mondiales, remplacés par une infinité d’autofictions identitaires ?

Plongés dans notre sauve-qui-peut planétaire, nous en sommes à générer des projets artistiques dont les contenus épousent les idéologies de leurs commanditaires.

Les auteurs réellement indépendants sont en voie d’extinction. Ils ont cédé la place à des artistes carriéristes, formatés pour remporter des prix délivrés par les grandes marques ou institutions. L ’argent, plus que jamais, dicte sa loi d’airain. Avec lui, les idées court-termistes et consensuelles, portées par l’air du temps, sont seules à obtenir crédit et légitimité.


Quand je suis mal luné, il m’arrive de produire ce genre de lamentations. Alors, le plus souvent, ma conscience me rappelle ce qu’est la vie. Une série de rencontres, d’opportunités, de faux hasards, de ratés, de coups de chance et de déveines ; le tout assujetti à la nature de nos pensées.

Rien ne se joue vraiment hors de nous-mêmes. Et ce parce que nous sommes, depuis les profondeurs de nos êtres, auteurs de nos réalités.

C’est difficile à croire, et parfois même à vivre. C’est pourtant d’après cette hypothèse que se déploie ma poétique de l’image.

HR


Dakar, 2010

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