2019/09/28 - ACTUALITE/ Insurrection en Haïti

Mis à jour : 19 oct. 2019

Pendant que je mène ma petite vie à Paris, une des capitales mondiales de la vanité, Haïti, le pays d’où je viens, s’enfonce dans un invraisemblable chaos. Le peuple en colère s’est rassemblé dans la rue pour réclamer le minimum de justice et de dignité.

Ce peuple, dont les dirigeants ne sont qu’un ramassis de prédateurs cyniques et cupides a, depuis longtemps, perdu la maitrise de son destin.

Comme beaucoup d’Haïtiens de la diaspora, je suis très affecté par cette descente aux enfers. C’est une partie de moi, et non des moindres, qui se dissout dans la tragédie du déclin de la première République noire.

Tout s’acharne contre cette moitié d’île caribéenne, au point où son actualité se réduit à une succession de mauvaises nouvelles, toujours plus extrêmes.

Alors je lis et relis les poètes et écrivains haïtiens : Jacques Stephen Alexis, Jacques Roumain, Frankétienne, Lionel Trouillot, Yanick Lahens, René Depestre, James Noel, Makenzy Orcel et tant d’autres.

Je m’enfuis dans leurs imaginaires foisonnants, au pays rêvé de leurs sensibilités.

Dans leur cas, il va de soi que l’art est autre chose qu’une parade bourgeoise, une posture arrogante.

Il est une urgence, une nécessité absolue de conjurer l’insupportable, une résistance farouche au réel désastreux.

A notre époque pré apocalyptique, il est probable qu’une part croissante de l'humanité en vienne à partager le sort du peuple haïtien.

Ce qui m'entraine à réfléchir de plus en plus intensément au sens qui motive mes propres créations.

La frivolité, la vacuité et l'égotisme qui règnent autour de moi me deviennent de plus en plus insoutenables.

Capture d'écran (Libération.fr le 27 sept 2019) - Photographe non identifié

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